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Les nouvelles chroniques d'Annamel : Dans quel monde vivons-nous ?

Dernière mise à jour : 15 janv. 2021





Dans quel monde vivons-nous ?


Quand mes enfants étaient au collège, il y a si peu, ils avaient une prof d’histoire géo qui démarrait invariablement ses cours comme ses réunions de parents d’élèves par cette phrase soigneusement articulée : « dans quel monde vivons nous ? ».

Cette phrase ponctuait tout. Comme une comptine pour enfants, un tic de langage qui faisait rire élèves et parents, soudain complices en moquerie. « Dans quel monde vivons-nous ? ». Je n’ai jamais bien su s’il s’agissait d’une interrogation philosophico - scientifique « voyons, dans quel monde vivons-nous ? » ou l’expression d’une indignation profonde « mais dans quel monde vivons-nous ! ».


C’est resté. Dans quel monde vivons-nous ?


En cuisinant, souvent, j’écoute des podcasts et des chansons. Des chansons de mon enfance. Guy Béart, avec sa voix sucrée : « qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé, qu’on est bien dans ces bras-là...». Petite, je trouvais cette chanson mièvre comme Charles Trenet avec son « y a de la joie ! » mais en vieillissant je ramollis. Entre le caviar de betterave et le tajine végétarien, je découvre, abasourdie, que les paroles de la chanson ont changé. La chanson de Guy Béart a été revisitée au goût du jour pour devenir «  qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe désiré... ». Au secours ! C’est mon enfance qu’on assassine ! Puis je me ressaisis, même comme ça, elle est mièvre cette chanson. Puis je pense à cette chanson « Mon homme » par Juliette Gréco « je l’ai tellement dans la peau qu’il me rend dingo... » revisitée ça donnerait quoi ?

L’autre jour, je suis passée à la télé. Au JT de 13 h. Même que ! comme on disait quand j’étais petite. Et, pour être honnête, je n’en suis toujours pas revenue. Bon, c’était à une télévision belge. Juste après une avalanche de mauvaises nouvelles et un reportage sur l’enterrement d’Annie Cordy (ah la bonne du curé, « j’voudrais bien mais j’peux point... » mon enfance, encore) et avant le reportage sur le nouveau sport à la mode qui consiste à defoncer des meubles pour se défouler. C’était pour parler de mon livre, "De la banque à la cuisine, Chroniques d’une reconversion". Mon éditrice avait précisé : « rendez-vous un quart d’heure avant. C’est du direct. Y a rien à préparer ». Faut juste passer au maquillage, « très naturel hein, mais faut lisser quand même » , puis passer chez le coiffeur, « très naturel hein, mais faut donner du volume quand même » puis rentrer dans le studio et juste avant de commencer, écouter le journaliste « bon, vous avez l’habitude de passer à la télé, soyez très naturelle, hein ?...».

Cinq minutes plus tard, retour au maquillage pour le démaquillage, au revoir et merci.


Au fond, je me demande qui sont les gens qui regardent le JT de 13h en Belgique ?

Dans quel monde...




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